If I can make it there

le  7 octobre 2016

J’ai un dos fragile. Ce n’est pas un drame mais ce n’est pas agréable, surtout quand on porte chaque jour un bébé dans ses bras. Quand j’y pense, cela fait 5 enfants, 3 ans de bras par enfant, 2 heures par jour. Mon dos a bon dos.

Pas de quoi en faire grand cas jusqu’à ce voyage compliqué, le mois dernier. Une vilaine crise de sciatique m’a contraint à un atterrissage couché et à une évacuation de l’avion par des policiers new-yorkais.

Sixième Son ouvre un nouveau bureau à New-York

New-York. Ce n’est pas n’importe quelle ville. Après Paris, Barcelone, Chicago, Moscou, si Sixième Son ouvre un nouveau bureau à New-York et y plante son drapeau, ce n’est pas sans un certain vertige. Le mois dernier, à New-York, le vertige était tout autre. « Gros bobo, le dos », comme dirait Elia. Bizarre, j’ai du mal à contenir ma joie de voir l’agence grandir encore en Amérique, du mal à retenir mes larmes au moindre mouvement. On m’envoie un médecin.

– Bonjour Monsieur, que se passe-t-il ?
– C’est mon dos, ou plutôt ça part du dos. C’est du feu jusqu’au pied.
– Vous êtes en pleine crise. Vous êtes là en touriste ou pour affaires ?
– Je suis là parce que j’ai des clients ici, qu’il y a beaucoup de travail et que j’ai l’intention de le faire.
Il sort une seringue.

– Alors c’est simple. Soit ça marche et vous le saurez vite, soit il faudra rentrer dans votre pays, parce que sinon, ça va devenir insupportable.

Mon business ? “Music to your ears!”

Moi qui ne suis pas superstitieux, j’imagine aisément le double sens de ses paroles. Il pique. Ça pique. Je ne sens rien. Bon, j’attends. Rien, mais en fait, rien, je ne sens plus rien, plus la douleur, plus la crispation. Paix intérieure. Il me regarde.

 

 

Et il comprend :
– I think we did it. Je crois qu’on a réussi. How does it feel ?
– I feel good, dis-je sans le début du commencement d’une arrière-pensée musicale ou comique.

Et lui, du tac au tac, me répond une phrase que je ne comprends pas.

Ou plutôt dont je comprends qu’elle est un idiomatisme que j’ignore. Il dit : « It’s music to my ears ». Vite, je tape ça sur mon téléphone. La traduction de Reverso : « ça me plait » ou « j’en suis heureux ».

Oh que c’est chouette ! 1/ ça marche 2/ la musique, c’est ce qui rend heureux ici. Je ne suis pas venu pour rien. Doc range ses affaires. Il se tourne vers moi et me dit.

« Et c’est quoi votre business ? ». Ma réponse est immédiate « Music to your ears ».

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